Générique antenne TF1 1979 images de synthèse ou Scanimate? Je suis perdu

Bonjour, vous connaissez certainement ces deux génériques d’antenne de TF1.

Je me demande comment ils ont été créés. Gemini m’a d’abord dit dans un premier temps que ce n’était pas des images de synthèse, mais du Scanimate. Ces génériques ont été créés par l’entreprise Robert Abel And Associates, et d’après Gemini, cette entreprise n’utilisait pas de Scanimate.
Donc le mystère reste entier.

Le problème, c’est que Gemini s’alimente des forums où les gens eux même semblent se poser la question. Il faudrait trouver une documentation technique d’époque sur ces génériques.

Mais si il s’agit d’images de synthèse, pourquoi ne pas les avoir enregistré sur des bandes vidéos, mais sur pellicule.
Problème du NTSC et ses 60 Hertz?

générique de Catherine Chaillet, avec une musique de Vladimir Cosma,

à l’époque on se servait encore beaucoup du kinescope
La télévision des années 60: les débuts de l'enregistrement magnétique par RCA et Ampex

dans les années 50-60 les émissions sont enregistrées sur un kinescope, c’est à dire sur une pellicule de cinéma 16 mm.
…/…
Le kinescope ne disparaîtra vraiment qu’avec la généralisation dans les années 70 du magnétoscope à enregistrement hélicoïdal d’origine principalement japonaise.

  • le générique du haut était utilisé à l’ouverture d’antenne et pendant la journée au moment où TF1 empruntait le réseau de FR3 avant sa colorisation.
  • le générique du bas était celui de fin des programmes la nuit

Ce générique antenne (et celui du cinéma du dimanche soir) vient de l’entreprise américaine Robert Abel And Associates, qui a utilisé les mêmes techniques utilisées pour les génériques des années 70 de la chaine américaine ABC.
Ce ne sont pas des images de synthèse, mais la combinaison de techniques optiques, des caméras motorisées qui filment un décor de manière très précise pour créer des effets de mouvement.

Il y a des infos sur le site archive.org, mais la page est instable et disparait de temps en temps, voici ce que j’ai pu retrouver :

Robert Abel et les séquences animées de la télévision française

C’est une séquence très connue des téléspectateurs de plus de 40 ans. Imaginée et créée par Robert Abel, roi de l’habillage télévisuel des années 70, cette séquence ouvrait l’antenne de TF1. Plutôt que de se plonger dans la nostalgie pure en visionnant uniquement la vidéo, voici un article sur la création de cet habillage.

C’est une TF1 encore naissante que cette séquence venait égayer au gré des ouvertures des programmes et autres décrochages régionaux. La fluidité et la profusion de couleurs de cette séquence spectaculaire venait contraster alors avec les animations rudimentaires de Catherine Chaillet, conceptrice originale du logo et de l’habillage de TF1 depuis sa création le 6 janvier 1975. La séquence nous la devons à la société californienne Robert Abel & Associates (RA&A).

RA&A a reçu en 1976 une commande de TF1 afin qu’ils réalisent plusieurs indicatifs et génériques destinées à l’habillage de la chaîne. La séquence la plus connue, l’indicatif d’ouverture de la chaîne, a été réalisé en 1977 sous le nom de projet « TELEVISION FRANCAISE {PROMO} » dans les studios de la société à Hollywood. Catherine Chaillet, n’était chargée que de la direction artistique de la séquence, Con Pederson de la réalisation.

Con Pederson avait notamment travaillé en compagnie de Douglas Trumbull sur des films de la Nasa à la fin des années 60, avant d’être embauchés par Stanley Kubrick qui leur confiera la tâche de réaliser certains effets spéciaux pour 2001, l’Odyssée de l’Espace, en particulier sur la scène du « trip ». Cette technique de « Slit Scan », sorte de précurseur de motion control qui permet de réaliser toutes sortes d’effets psychédéliques en jouant sur les temps d’ouverture, figurera dans de nombreuses productions RA&A, créée en 1971 par Robert Abel et Con Pederson, qui fréquentèrent les bancs de l’UCLA au début des années 60 aux côtés de Douglas Trumbull. La technique du Slit scan permettait notamment d’animer le « sol » de la séquence TF1.

Techniquement, la séquence TF1 est très similaire aux productions Abel de la fin des années 70 début 80, qui incluaient certains effets spéciaux de Star Trek le Film, Le Trou noir, Tron et même Star Wars. Sur la séquence de TF1, point d’image de synthèse mais le début bien avant Star Wars et son Dykstraflex, de la technique du motion control : des caméras pilotés par des ordinateurs capables de renouveler un même mouvement et ainsi réaliser plusieurs passes d’un même objet, un vaisseau ou bien un logo statique, c’est la caméra montée sur des rails qui en l’occurrence se déplace.

Les couleurs saturées proviennent d’un effet créé par Richard Taylor obtenu grâce à la photographie par rétroéclairage, qui demandait à ce que chaque image développée sur un Kodalith (qui laisse passer la lumière sur les zones claires d’une image) photographiée de nouveau à contre-jour à travers ce Kodalith. Des filtres colorés disposés sur les objectifs combinés à des expositions variées donnaient aux objets et aux décors leur teinte tout en modulant l’intensité lumineuse. Le défilement des Kodalith image par image ainsi que le rétro éclairage étaient pilotés par ordinateur afin d’obtenir une fluidité parfaite des images et obtenir l’effet escompté. Cette méthode surnommée l’effet “candy-apple neon” fut perfectionné par la suite et son utilisation la plus célèbre eut lieu sur les costumes des acteurs de Tron (et dans la série Automan dont tout le monde se souvient)

Du coup, les couleurs sont obtenues sont extrêmement vives mais bavent quelque peu. Il ne reste plus qu’à composer tous les effets sur images positives correspondantes.
La séquence fut projetée notamment à New York en 1977 lors de la 56ème exposition annuelle des directeurs artistiques, à l’occasion de laquelle étaient exposées des films dans le domaine de la publicité et de la promotion au sens plus large. La séquence d’ouverture de TF1 ne disposait alors pas de son accompagnement musical signé Vladimir Cosma, et c’est le Concerto brandebourgeois VI composé par Johann Sebastian Bach qui accompagnait alors les images.
En France, la séquence fut inaugurée en grande pompe à Noël 1977 lors d’une soirée organisée dans les locaux de TF1 rue Cognac Jay, pour marquer le passage complet à la couleur de TF1. Les commentaires dithyrambiques fusaient « Oh ! Une nuée de TF1s », « c’est magnifique » etc … A partir de ce moment là, la séquence rythmait alors les journées de la chaîne jusqu’au milieu des années 80.
La contribution de RA&A pour TF1 ne s’arrête cependant pas à la séquence d’ouverture puisque c’est cette société qui réalise notamment le générique du Cinéma du Dimanche Soir, Téléfoot, Les visiteurs du Mercredi, restez-donc avec nous le lundi …. Un générique inédit réalisé pour TF1 figure dans un Laserdisc Japonais (Visual Pathfinders) reprenant certains démoreel réalisés par la société :

La filiation des séquences réalisées pour TF1 avec d’autres séquences réalisées pour ABC ou TVGlobo sautent aux yeux.


Robert Abel sur le « tournage » de la séquence du cinéma du Dimanche soir

Aujourd’hui les séquences crées par RA&A sont soigneusement archivées à l’Université de Californie à Los Angeles.

GÉNÉRIQUE

Robert Abel & Associates…….. Production Statement
Robert Abel…….. Producer
Con Pederson…….. Director
Catherine Chaillet…….. Art Director
Richard Taylor…….. Production Statement
Wayne Kimbell…….. Production Statement
Dave Stewart…….. Production Statement
Mike Lawler…….. Production Statement

Le thème de Vladimir Cosma accompagnait la séquence multicolore. C’est une réorchestration d’un l’indicatif très classique que Cosma avait composé pour les débuts de la chaîne en 1975, qu’il déclinera également pour la séquence de fermeture d’antenne dans un style plus sobre.

Texte et illustrations : Michel Alexandre

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Vers 8 minutes 30 sur la vidéo on voit un autre générique pour TF1 créé à l’époque par cette compagnie américaine :

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qui était un synthétiseur, donc des images de synthèse.
analogique, mais bien de synthèse :slight_smile:

Bah dis-donc ça rajeunit pas. Après la mire… ce fichu générique, on peu plus rien régler :joy:

Que de souvenirs ! Avec le tv TELEFUNKEN chassis 811 2N de mes parents !

Petite question…
Les génériques « Radar » JT de TF1 de 83/84 ont-ils été réalisés par RA&A ou par la chaîne en interne ?

Alors là je suis sidéré !

C’est tellement bien fait que je pensais qu’il s’agissait de modèles 3D

Mais comment faire le logo qui se dessine sous la forme d’un ruban se met en forme puis s’emboîte, les effets de transparence, le logo à la fin qui semble fait en images de synthèse de l’époque ?

Les ordinateurs ont été utilisés pour piloter les caméras avec une haute précision. Mais auraient-ils pu aussi l’être pour créer certains visuels en images de synthèse fixes et en noir et blanc ou en couleur (Comme le logo à la fin) que l’on animait via les systèmes optiques ? Je pense évidemment à des ordinateurs plus puissants pour faire des images de synthèse.

En gros, les ordinateurs peuvent produire des images de synthèse, mais générer toute la séquence avec l’animation serait trop long. La puissance disponible ne serait peut-être pas suffisante pour générer toutes les couleurs et une animation fluide. Cependant, on peut générer plusieurs images fixes en noir et blanc (Ou certaines couleurs) et les animer avec la technique vue plus haut.

Encore plus étonnant, on a toujours dit que Tron était un des premiers films à utiliser des images de synthèse. Sûrement une combinaison des deux techniques.

Des images de synthèse de 1976, on voit quelques jingle pour des chaînes de télévision américaines et des séquences en couleurs avec même des textures. L’ordinateur devait vraiment « cracher ses boyaux » et utiliser toute sa puissance pour y arriver à l’époque. D’ailleurs on voit que ça rame un peu parfois.

Alors à la base il filmait des lettres ou un dessin sur un banc titre et pouvait le modifier, notamment des effets de distorsion. Cependant, je pense que dans la vidéo des images de synthèse de 1976, l’ordinateur pouvait aussi nul

Si, les couleurs ? :rofl::joy: Mais il était très beau quand même.

Bonne question, ils font déjà images de synthèse. Je ne pense pas que TF1 avait de quoi les réaliser en interne

Contrairement aux apparences, le premier générique de Thalassa est lui en images de synthèse par ordinateur. Ils ont utilisé un ordinateur de l’armée britannique pour calculer les séquences de morphing. D’ailleurs le graphiste qui l’a réalisé est assez dur avec lui même en trouvant le coquillage mal dessiné. Au premier abord, Georges Pernoud a trouvé que ce générique faisait trop « enfantin », « tableau noir ».

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