La suite…
En effet, pas moins d’une dizaine de pannes diverses se sont révélées ou produites pendant les essais et mises au point.
La recherche de certaines a été chronophage et malheureusement, pour ce qui est de la notice, je ne disposai d’une description très complète que des seuls circuits chroma.
Il a donc fallu se pencher très sérieusement sur le schéma afin de comprendre toutes les particularités et originalités de ce téléviseur assez hors normes (jusqu’à avoir trois fréquences FI différentes pour le son (33,4 MHz pour le 625 lignes français, 28,75MHz pour le 819 lignes, 5,5 MHz pour le standard CCIR avec son FM)
Voici la liste des pannes :
1 Accrochage vidéo : apparition de barres verticales à gauche de l’écran et accrochage total en poussant le contraste. Sur-oscillation très visible à l’oscilloscope.
Plusieurs causes probables : un certain nombre de soudures maintenant au châssis les circuits imprimé FI-vidéo luminance-synchro-BF d’une part et balayage lignes-THT d’autre part étaient cassées.
Mauvaises soudures également dans le circuit d’effacement (circuit imprimé sur tube cathodique) et résistances hors tolérances dans le même circuit.
Enfin, alerté par une légère odeur d’ozone, j’ai remarqué des effluves visible dans l’obscurité sur la résistance de 33 MO entre l’anode de focalisation et la masse.
Le remplacement de cette dernière a supprimé le problème de focalisation.
2 Dominante jaune
Deux résistances de 2,2 MO dans le circuit des G2 ayant très fortement augmenté de valeur. Ces dernières avaient déjà été remplacées…
3 Écran bleu par intermittence
Un des condensateurs d’effacement défectueux. J’en profite pour remplacer les trois à l’origine de 4700pF par des 22nF conformément à une recommandation trouvée dans ma documentation.
4 Focalisation limite
Due à la résistance de 33 MO citée plus haut.
5 Instabilité horizontale
Cette panne intermittente est apparue pendant les essais, en même temps que l’accrochage vidéo et m’a fait perdre beaucoup de temps.
Fausses pistes en incriminant à tort les circuits de synchronisation, le comparateur de phase et la vidéo luminance.
Il y avait néanmoins un certain nombre de résistances hors tolérances ayant augmenté de valeur et pas seulement celles de plus fortes valeurs.
La panne provenait en réalité de l’oscillateur lignes. Un condensateur « instable » de 10nF (C713) en série avec la self de l’oscillateur provoquait ce défaut en faisant varier la fréquence de ce dernier de manière aléatoire.
6 Action du frein de faisceau trop forte.
Problème que j’ai toujours connu sur ce téléviseur depuis les années 70, la disparition de l’image lorsque l’on poussait trop la luminosité ou le contraste.
Le dispositif de limitation de l’intensité du faisceau est particulièrement complexe et original.
Il agit sur la CAG (les circuits de CAG sont un poème sur ce téléviseur, il a fallu analyser et comprendre le schéma…).
En gros, il agit en fonction de la chute de tension sur la résistance d’écran de la PL509.
Sur ces postes avec transfos lignes et THT séparés, la consommation de l’étage THT est très variable en fonction du contenu de l’image ce qui n’est pas le cas des montages mono-transformateurs avec régulation par triode E/PD500.
C’est donc l’augmentation du courant d’écran de la PL509 lors de l’augmentation du courant de cathode du tube cathodique qui déplace le point d’équilibre entre deux résistances montées en série avec l’alimentation de l’écran de la PL509 (HT3) d’une part et une alimentation négative de -150V V(- HT15) d’autre part, un ajustable étant en série avec la résistance allant à la source négative.
La tension à ce point tends à devenir plus négative lorsque l’image est plus lumineuse. Or, la polarisation du transistor préamplificateur vidéo luminance (réglable par un ajustable fixant le point de fonctionnement de la CAG) varie en fonction de la tension apparaissant à ce point.
Une diode au germanium entre ce point et la masse, vient retarder l’action du dispositif afin que la limitation d’intensité du faisceau ne se fasse qu’au delà d’un certain seuil.
Or, cette diode (D9 sur le schéma) manquait sur mon exemplaire, ce qui faisait que le frein de faisceau agissait pour ainsi dire en permanence.
Sur le modèle qui a suivi, un condensateur de 470µF en parallèle sur cette diode introduit une constante de temps supplémentaire afin de ne pas faire réagir le dispositif sur une très courte durée.
J’ai donc monté cette diode et ajouté ce condensateur en le passant à 2200µF en ayant enfin compris comment régler cet ajustable présent dans l’alimentation du téléviseur qui sert en réalité à fixer le seuil d’action du frein de faisceau.
7 Lignage bien visible sur les couleurs.
Le défaut provient du permutateur. On trouve une tension de l’ordre de 12V sur une l’ entrée voie retardée de ce dernier.
Défaut du là aussi à un condensateur mal isolé, condensateur amenant les impulsions de la bascule vers l’entrée voie retardée du permutateur.
8 Son un peu faible
Le tension sur l’écran de la PCL86 est insuffisante.
La résistance d’écran de 10 KO avait triplé de valeur. Elle ne présentait pourtant aucun signe d’échauffement. Son remplacement a redonné de la pêche au son.
9 Image dans son
Encore une panne à s’arracher les cheveux.
On entend nettement un crépitement variant selon le contenu de l’image. Un signal parasite avec les tops synchro et des résidus de vidéo d’amplitude de l’ordre de 400mV crête à crête se retrouve sur le potentiomètre de volume.
Le défaut subsiste même en supprimant le deuxième tube FI son.
La lampe en question est une PCF200 dont la triode est utilisée pour le dispositif de commutation automatique 819/625 lignes donc avec les signaux de synchro dans la même ampoule…
Le montage est assez compact sur le circuit imprimé et des fils de câblage véhiculant les signaux de synchro et vidéo passent par là, à coté de la diode de détection son…
C’était un problème de couplage dû à ces derniers, il a suffit d’éloigner ces fils de la diode pour résoudre le problème.
10 Blindage de l’entrée UHF à la masse du châssis.
Panne dangereuse qui m’a valu une belle châtaigne, le châssis étant relié au secteur… :mrgreen:
Il s’agissait d’un câble blindé non isolé dont le blindage avait touché la connexion du blindage du câble d’entrée du tuner UHF.
Panne ancienne qui avait provoqué une véritable soudure au point de court-circuit…
Enfin, le problème des résistances ayant fortement dérivé m’a incité à vérifier toutes celles de l’étage de régulation de la THT.
Elles étaient presque toutes largement hors tolérances.
L’essentiel est que le téléviseur fonctionne à nouveau et même mieux qu’avant.
Bien sûr, quand j’aurai pu mettre la main sur un transfo THT d’origine (au moins un primaire en bon état), je supprimerai les modifications minimes du câblage.
Enfin, les mauvaises surprises concernant la dérive de certaines résistances et les défectuosités de certains condensateurs (pourtant des Roederstein de qualité…) démontrent que sur ces postes de près d’un demi-siècle, on en sera bientôt a remplacer systématiquement certains composants comme sur les télés des années 50 (je pense aux condensateurs goudrons des Philips et autres condos sous verre).
Je souhaite par ailleurs bon courage à Christophe Chauvet pour la restauration de son exemplaire ainsi qu’à l’heureux acquéreur du modèle à 6 présélections de même provenance.
Il me faut maintenant trouver le moyen de rendre facilement accessible la documentation dont je dispose.
Christophe
RFL2221.


