Rebonsoir Mircea,
Pour te répondre franchement, mais de manière simpliste, le 100Hz c’est une grosse daube, une sombre merde!!!
Je peux aussi être moins acerbe. Ma définition c’est également :
Derrière une présentation commerciale soignée, ce procédé, d’une indigence technique rare, vestige énergivore et générateur de chaleur d’un temps révolu, reposait sur une architecture obsolète, révélant une approche technologique en décalage avec les exigences d’efficacité et de modernité déjà attendues dans les années 1990. Le principe du 100 Hz consistait à doubler la fréquence trame (et ligne hélas) afin de réduire le scintillement des téléviseurs 50 Hz. En théorie, cette technique visait à offrir une image plus stable et reposante. En pratique, sur des appareils aussi mal conçus, elle se limitait souvent à une interpolation sommaire, coûteuse en énergie et en composants, sans bénéfice visuel notable, surtout en mouvement. Seul le carton d’emballage, faussement aguicheur, semblait encore prétendre à l’innovation.
Un boîtier singulier, nommé Feature Box, apparaissait pour gérer l’image numérique du mystérieux premier téléviseur 100 Hz M70-100HDQ (F), hélas précurseur d’une lignée dont les performances peineront à convaincre. Grundig devait fréquemment intervenir commercialement sur cet appareil, sujet à de nombreuses pannes. Seul le tube cathodique Philips se distinguait par sa fiabilité.
L’approche adoptée visait, je le répète, à supprimer le scintillement, bien que ce dernier ne constituât un réel désagrément que pour une minorité. Tenter d’imposer une technologie aussi coûteuse qu’inutile à un public exigeant relevait du pari audacieux, d’autant plus que la survie de la marque était en jeu.
Parce qu’elle relevait du mythe, la télévision exigeait un progrès tangible pour justifier un bouleversement télévisuel. Or, les prétendus bénéfices du 100 Hz s’avérèrent plus anecdotiques que révolutionnaires. Pire encore, les mouvements rapides entraînaient une perte de netteté. Confier une part essentielle du traitement vidéo au module Feature Box, à la puissance de calcul bestiale, aboutissait pourtant à un résultat décevant. L’image semblait aussi agile qu’une enclume, bien en deçà d’un bon 50 Hz Megatron des années 90.
Dès l’origine et pour être plus précis, cette technologie montrait ses limites sur les mouvements rapides, affichant parfois la même ligne à répétition, ce qui altérait la précision des contours à la demi-image suivante. Pour pallier ce défaut, un système de comparaison d’images fut intégré, permettant de transmettre une trame complète en cas d’écart détecté. Mais cette correction s’avéra inefficace, notamment sur les textes à défilement horizontal, où elle générait un flou persistant. Ce phénomène était particulièrement visible lors du générique de fin de l’émission La Cuisine des Mousquetaires avec la regrettée Maïté, offrant une démonstration peu flatteuse du procédé. A ces défauts s’ajoutait une consommation énergétique excessive, source d’une chaleur importante qui réduisait la durée de vie des composants. Au moins, nous n’avions pas froid l’hiver avec un tel chaudron.
Il eût été plus avisé de perfectionner les Monolith 50 Hz, indiscutables références, qui, équipés des tubes Philips Black Line Style ou de leur équivalent Toshiba à focus dynamique, permettaient d’atteindre une qualité d’image incontestable. Ce qui devait être une avancée majeure sombra dans une complexité inutile et aboutit à une régression manifeste. En somme, vouloir réinventer la roue pour la rendre carrée.
Rabelais écrivait : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Cette expérience en fut une parfaite illustration. Nombreux furent les clients à constater leur erreur après l’achat, face à un appareil qui, sous ses airs haut de gamme, s’avérait être un fardeau. Quant au premier châssis français, mieux valait ne pas s’y attarder… Une véritable « broche à foin », comme se plaisent à dire nos amis québécois.
Même sous la torture, il ne faut jamais choisir un 100 Hz à tube cathodique chez Grundig. J’ignore ce qu’il en était à l’époque chez les concurrents.
Le DIGI 5 fut le premier à pouvoir être jugé acceptable. Les deux dernières générations, Basic 3 et DIGI 100, furent respectables, mais bien trop complexes pour un résultat banal et une maintenance à long terme perfectible (des transistors BC858 à profusion).
Tu l’auras compris, je déteste les 100 Hz chez Grundig
. J’en ai dépanné bien trop (overdose).
RVB