Poste à galène de la résistance

Qui n’a pas déjà croisé une annonce proposant un « rare poste à galène de la résistance », généralement une grosse bidouille vendue à prix d’or.
Il y a 2 jours un monsieur publie sur la page Facebook « Passion TSF » des photos de son poste à galène (un modèle de 1925 environ, probablement amateur mais pas vilain du tout) avec la légende suivante « un vrai matériel de résistant ». C’est juste une photo pour le plaisir, c’est pas à vendre. Je lui explique alors que son appareil n’a rien a voir avec la résistance, que cette histoire de « postes à galène de la résistance » est une légende urbaine, que les matériels utilisés en réception dans la résistance n’étaient pas du tout ceux là. Rien n’y fait, il n’en démord pas et veut à tout prix avoir raison, quitte à convoquer l’IA.
Je suis à cours d’arguments alors je viens ici. A votre avis les postes à galène ont ils eu un quelconque rôle à jouer dans la résistance pendant la 2nd guerre mondiale?

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aucun
par ce que ecouter radio londres avec un poste a galene sans deployer une immense antenne tres reperable peu probable
et puis la resistance si elle devait recevoir des messages elle avait surtout besoin d’un emetteur pour envoyer ses observation

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Oui, ça fait partie des arguments que je lui ai donné. Ma question est faussement naïve.

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Tout dépend ce que l’on appelle «poste de la résistance». Pour l’écoute de la BBC certain pendant l’occupation, entre autre dans des camps de prisonniers, ont utilisés des postes à galène et même des postes téléphoniques bricolés comme récepteur; est ce pour autant des postes «de la résistance» ? Si ont entend par «poste de la résistance» des récepteurs utilisés par des réseaux de résistants évidement qu’il n’étaient pas à galène.

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j’ai toujours eu qq doutes sur ces affirmations
ayant beaucoup pratique le poste a galene dans ma jeunesse
dans la vigne du grand pere j’avais tendu une antenne de 80 metres a environ 15 metres de haut grace aux haies de cypres la protegeant la vigne du mistral
je sais ce que l’on peut tirer d’une telle installation

recevoir londres dans un stalag au mileu de l’allemagne m’a toujours laisse dubitatif

C’est juste un moyen pour tenter de vendre un article banal à prix maximal…
Je dois posséder un velo de la resistance ,2 ou 3 vieilles becanes de la resistance,des arrosoirs de la resistance…etc…
Edit:je viens de lire que l’article n’est pas à vendre…

Si je ne dis pas de bêtises, il y avait déjà dans la résistance des émetteurs / récepteurs avec des quartz. Un résistant (lu où ?) racontait comment il avait juste eu le temps de cacher le poste sur l’armoire mais qu’il avait oublié un quartz sur sa table, que la police (allemande ?) n’avait heureusement pas vu.

Dans la revue « Systeme D » de l’immédiat apres guerre ,1945,46,il y avait une rubrique « Systeme D » chez les KG",il y a des descriptions de realisations qui me laisse tres dubitatif…Fonderie,forge…
Et quelques description de poste de tsf…
A la reflexion,je me dis que ces KG,quand ils sont rentrés,dans l’indifference ,voire le mepris,de leurs compatriotes,(c’était les perdants,finalement) dans la patrie victorieuse,il fallait bien qu’ils prétendent, eux aussi avoir résisté à leur façon, et avec leurs modestes moyens…
Les resultats et efficacité de leur action a peut-être été sur évalué…

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J’ai , comme beaucoup d’entre nous, lu, énormément d’ouvrages traitant de cette période. Il est souvent fait référence, a la construction de récepteurs de radio, dans les camps de prisonniers, même dans des endroits comme le funeste « Treblinka ». Mais, et c’est là, que la question de la technologie se pose, ainsi que les possibilité d’alimentation, et bien entendu, la façon de trouver le matériel, sans même parler de l’outillage, même réduit au stricte minimum. Les auteurs, pour la plupart de ces récits, sont assez vague, la technique, n’étant pas le but de leurs écrits. D’autres par contre, expliquent, comment, des gens extérieurs, même des gardiens, prenant des risques fous, par échange de contenus de colis de la croix rouge, ou autres combinaisons, arrivaient a fournir toutes sortes de matériels. La question, n’aura sans doute pas de réponse, mais je pense, que ces hommes, ont eu assez de patience et de courage, pour essayer, d’avoir des nouvelles du monde extérieur.

C’était l’émetteur qui était à quartz, le récepteur lui était sans quartz.
On trouve la description des émetteurs et récepteurs anglais destinés aux résistants entre autre dans l’ouvrage de Pierre Lorain : Armement clandestin S.O.E.1941-1944 (publié en 1972).

“Stalag 17” Dans ce film, on voit des prisonniers alliés dans un stalag, écouter peut-être la BBC, sur une radio clandestine, avec un grillage servant d’antenne.

A partir de 27 : 23”

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Je suis content que cette interrogation suscite des commentaires. Effectivement, j’ai moi aussi entendu parler de ces postes à galène bricolés avec les moyens du bord dans les camps de prisonniers, voire même les camps de concentration…sans être à même de distinguer clairement ce qui relève du possible et de la légende.
L’interrogation de départ portait bien sur la résistance, c’est à dire un monde ouvert ou l’on avait accès librement à des ressources infiniment plus performantes qu’un poste à galène pour écouter la TSF (et Londres en particulier)…sans compter bien sur en plus les matériels clandestins spécifiques parachutés par les alliés.
Pour ceux qui sont sur Facebook, aller sur cette discussion peut être l’occasion d’un moment de rigolade. C’est ici : https://www.facebook.com/groups/321386778683443/permalink/2146143906207712/

Ceci dit, Facebook est un catalogue d’affirmations péremptoires étranges. Il n’y a pas longtemps un intervenant soutenait que son arrière grand père fabriquait lui même ses lampes de radios artisanalement dans une forge à ferrer les chevaux. Il disait posséder encore ces lampes mais quand j’ai demandé des photos je n’ai plus eu de réponse.

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Bonsoir,

L’argument de l’IA est le pire « contre son camp » qu’il soit car on peut lui faire dire tout et son contraire. C’est un puissant allié lorsqu’on sait s’en servir, qu’on connait ses limites et qu’on maitrise un minimum le sujet (ou qu’on sache faire preuve de jugeote) et une catastrophe lorsqu’on prend pour argent comptant tout le texte qu’elle déblatère.

En « combattant le feu par le feu » voici ce que répond l’IA a son argumentaire:

J’ai interrogé l IA qui confirme que les résistants utilisaient les postes à galène principalement pour les raisons suivantes.

Indetectabilite

Le poste à galene est un poste dit passif qui n’utilise pas d oscillateur et qui ne peut donc pas être détecté par les services de radiogoniometrie allemands.

Autonomie énergétique à une époque où l’électricité n’existait pas de partout, et en cas de coupure volontaire .

Voilà mes informations qui racontent n’importe quoi.

Bien respectueusement à vous.

1. Détection : Une menace mal ciblée

  • Physique : Le poste à galène est passif (pas d’oscillateur local, donc pas de rayonnement parasite à f_{LO} = f_{RF} \pm f_{IF}). Un récepteur superhétérodyne émet effectivement un faible signal détectable à très courte portée.
  • Réalité historique : La radiogoniométrie allemande traquait les émetteurs (clandestins du BCRA/SOE) via des camions et valises de détection. Chasser le rayonnement infime d’un oscillateur local de récepteur dans une ville était techniquement superflu et stratégiquement inutile face à la masse de postes civils. Le danger était la dénonciation, pas la physique des ondes.

2. Autonomie : Le paradoxe de l’énergie et de l’antenne

  • Physique : Sans amplification active, la galène ne restitue que l’énergie RF captée. Pour atteindre un niveau audio audible (> 10\,\mu W), il faut une antenne long-fil (> 20 m) parfaitement dégagée.
  • Réalité historique : L’argument de « l’absence d’électricité » est un anachronisme. La France de 1940 était largement électrifiée, surtout dans les centres urbains où se jouait la réception. En cas de coupure ou en zone rurale, on n’utilisait pas un caillou (la galène), mais des accumulateurs au plomb ou des piles sèches pour alimenter des postes à lampes bien plus sensibles. Prétendre que les résistants préféraient la galène par manque de courant, c’est oublier que leurs émetteurs (indispensables) nécessitaient, eux, une puissance massive que seule une batterie ou le secteur pouvait fournir.

3. L’obstacle technique des Ondes Courtes (OC)

  • Physique : Le poste à galène a un facteur de qualité (Q) trop faible pour les Ondes Courtes (utilisées par la BBC pour les messages personnels). Il est incapable d’isoler un signal faible au milieu du « jamming » (brouillage) allemand.
  • Réalité historique : Écouter Londres sur un poste à galène en 1943, c’est comme essayer d’écouter un murmure dans un concert de métal. Les résistants utilisaient des récepteurs professionnels (type B2 ou MK VII) ou des postes civils modifiés pour les OC.

Verdict : L’image du résistant à galène est une reconstruction romantique. C’était une solution de fortune pour le civil lambda dont le poste avait été saisi, mais un outil totalement inopérant pour une résistance structurée ayant besoin de fiabilité et de discrétion (une antenne de 20 mètres sur un toit étant le meilleur moyen de finir au mur).

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Bravo pour la démonstration…il m’aurait fallu quelques heures avec mon petit cerveau pour produire la même.

Un bémol pour autant à propos de l’antenne : L’utilisation du secteur comme antenne permet d’éviter l’antenne de 20 mètres sur le toit…j’ai toujours fait comme cela pour écouter mes postes à galène, avec des résultats concluants (évidemment pour écouter France Inter, pas pour écouter la bbc avec le brouillage allemand).

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selon IA et mes sources locales :
Yvonne Cormeau primarily used the B Mark II wireless transceiver, which was a cumbersome 14 kg machine concealed in a suitcase. She also had access to a more portable Type A MK III wireless, which weighed only 4 kg and was contained in an attache case

Cette discussion à le mérite d’enrichir internet en apportant des éléments solides pour invalider une légende urbaine. Désormais un internaute qui tapera « galène de la résistance » sur google tombera sur ce fil et,ne se laissera plus raconter des salades. De même, l’IA trouvera autre chose à synthétiser que les textes avalisant cette « vision romantique ». Les escrocs qui proposent à la vente des « galènes de la résistance » ont du mouron à se faire (ce terme ne s’applique bien entendu pas à la personne parfaitement sincère dans son erreur qui m’a conduit à ouvrir ce fil)

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Dit-il, avec un petit sourire en coin ! :innocent: Pas grave, on ne le voit pas :wink: Ça c’est du langage diplomatique !

Si si, sincère.
Comme chacun sait, je montre ma collection sur un site…et il y a beaucoup de postes à galène.
Je suis très sensibilisé à cette histoire de « galènes de la résistance » car je suis souvent contacté par des personnes qui me demandent « d’expertiser » le « galène de la résistance » qu’ils viennent de ramener de brocante. Au mieux un galène des années 20 mais aussi parfois un poste batterie ou encore un appareil d’électricité médicale, un jouet à galène des années 50…voir au pire un transistor des années 60. Leur expliquer sans heurter qu’ils se trompent n’est pas chose facile. Certains se braquent et cherchent à tout pris à avoir raison. C’est malheureusement le cas avec la personne qui m’a amené à ouvrir ce fil.