TVC Pizon bros Portacolor en panne

Pizon Bros a été un des tous premiers clients (peut-être même le premier) à utiliser les TCA640/650/660 et même à en « essuyer les plâtres » dès 1974 (c’est moi qui m’occupais de la promotion et du support technique des IC grand public de RTC à cette époque :wink: ).
Si ce TV date de 1975 ou plus, il est équipé de ces circuits + du TBA540 s’il est multistandard.
Avec ce chipset et le schéma d’application standard du TCA640 il suffit de dérégler légèrement l’accord du circuit d’identification pour passer d’identification trame à ligne car le TCA640 reçoit à la fois les impulsions de retour trame et de retour ligne, ce qui permet d’utiliser soit les bouteilles, soit les « salves » en début de ligne selon la fréquence de résonance de ce circuit (le « sandcastle » qui combine les deux n’avait pas encore été inventé à l’époque :wink: ).

Edit: je n’avais pas vu la photo du décodeur couleur de brunopif. Ce décodeur est à transistors discrets et la ligne à retard rouge TFK montre qu’il date de la fin des années 60.
En effet cette ligne à retard modèle VL1 (Verzögerungs Leitung 1) de Telefunken est leur toute première ligne à retard et date de 1967 (j’en ai un exemplaire de récupération d’un TVC Emo entièrement à tubes).

A cette époque Pizon avait fait un « duoviseur » avec deux châssis et deux tubes indépendants (un couleur et un noir et blanc) pour « épargner » le tube couleur lors des émissions en noir et blanc.
Il a du se vendre comme les cercueils à deux places. :laughing:
Je pense que le châssis couleur était le même et qu’il date de 1968.

La marque française CGV (compagnie générale de vidéotechnique) a fait ses choux gras en fabriquant et commercialisant des adaptateurs qui contenaient à la fois un démodulateur VHF (puis VHF+UHF), une entrée sortie PériTV et un modulateur UHF, lequel appareil refabriquait l’identification trame (« bouteilles »).

Voici les modèles commercialisés selon les cas, entre 1984 et le début des années 2000 :
CGV Canal+ Antenne. Démodule VHF ou UHF, échange avec le décodeur Canal+ et remodule le signal décodé ou en clair à la norme Sécam L sur le canal N°36 UHF (591,25 MHz).
CGV REP 12. Démodule VHF ou UHF, échange avec le décodeur Canal+ et remodule le signal décodé ou en clair à la norme Sécam L sur les canaux de 32 à 38 UHF.
CGV REP 30. Démodule VHF ou UHF, échange avec le décodeur Canal+ et remodule le signal décodé ou en clair à la norme Sécam L sur les canaux de 22 à 69 UHF.
CGV REP 40. Démodule VHF ou UHF, échange avec le décodeur Canal+ et remodule le signal décodé ou en clair à la norme Sécam L sur les canaux de 22 à 69 UHF avec option : identification trame « bouteilles » intitulée « NIT ».

Schémas du Portacolor (pages 01 à 04)

Cliquer deux fois sur chaque image pour l’agrandir.

Portacolor-01.jpg

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Schémas du Portacolor (pages 05 à 08)

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Petit bonus paru dans le Haut Parleur de… mai 1968 !
HP-05-1968-Portacolor.jpg

Moi, je préfère la solution du CGV qui refabrique l’ identif trame, ça marche bien dans 99 % des cas( excepté les K7 VHS SECAM avec identif ligne seule et MACROVISION)

@Broguvic, bonjour,

Pour ce portavision, et le duo viseur, je préfère utiliser un CGV qui refabrique l’ identification trame, à partir des salves d’ identification ligne, que ce soit pour C+ analogique, ou, même un signal CVBS SECAM, qui n’ a que de l’ identification ligne sortant d’ un récepteur TNT ou TNTSAT ou FRANSAT.

De plus cet appareil permettait de recevoir C+ analogique en VHF, et de remoduler le signal en UHF pour le PIZON.

Même une K7 VHS SECAM ou MESECAM n’ ayant que de l’ identification ligne peut, via le CGV, retrouver la couleur grace à la refabrication des signaux d’ identification Trame.

Seul bémol: Les K7 VHS SECAM avec MACROVISION: Le circuits de régénération d’ identif Trame sont perturbés par la variation volontaire de la luminance destinée à perturber les tambours de VHS enregistreurs. Voila un effet pervers des dispositifs anti-copie des producteurs de cinéma: Ca perturbe le CGV !

C’était justement le but :exclamation: :laughing:

Merci beaucoup :slight_smile:

C’est très intéressant ces documents, mais je ne comprends toujours pas pourquoi ce téléviseur s’accommode du SECAM ligne sans modification, et sans ajout supplémentaire d’après son propriétaire.

Mais à l’époque, vu qu’il ne recevait qu’une chaîne sur les deux, c’était plutôt un investissement, ou une arnaque quelque part?

Personnellement, si j’avais connu cette époque, je me demande si je n’aurais pas préféré un téléviseur noir et blanc, mais pouvant recevoir toutes les chaînes.

Merci à tous :slight_smile:

Cordialement,

Broguvic

C’est effectivement surprenant mais je n’ai pas réusi à voir sur ces schémas où se faisait l’identification, je pense qu’il manque quelques morceaux. :wink:

Je ne pense pas que ce soit une arnaque, Pizon-Bros avait sans doute fait le pari que la 1ère chaîne passerait beaucoup plus vite en couleur.

D’ailleurs le réseau national planifié par la RTF à l’époque prévoyait 3 canaux UHF par émetteur principal mais la 3ème chaîne a démarré plus rapidement (1973) que le passage de la 1ère chaîne en couleur (qui s’est étalé de 1976 à Paris jusqu’en 1983 pour les derniers émetteurs).
D’autre part il ne faut pas oublier que Pizon était vraiment un précurseur avec ce TVC entièrement transistorisé et il a dû se rendre compte que faire un balayage TVC 819/625 avec des semiconducteurs était risqué du point de vue fiabilité, d’autant plus que ça complexifiait beaucoup l’appareil avec un tube qui n’était pas encore autoconvergent.
Pas mal de constructeurs plus importants se sont cassé les dents sur ce balayage TVC 819/625 plusieurs années après …
C’est sans doute pour ça que Pizon avait préféré sortir son « duoviseur » mais le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’était pas vraiment une solution réaliste. :wink:

Pour éviter la prolifération de TV 625 lignes seulement le gouvernement a par la suite interdit la commercialisation de TV incapables de recevoir toutes les chaînes françaises.
Grundig qui avait voulu commercialiser un TVC 625 lignes UHF seulement lors du démarrage de TF1 en couleurs à Paris en a fait les frais car il avait lancé la production de 30 000 appareils qu’il n’a pas pu vendre. :frowning:

C’est peut-être dû à sa conception atypique qui avait pour but d’en faire un appareil « portable ». Il n’a peut-être pas été équipé de portier par exemple, pour faire un circuit en moins, et donc un appareil plus simple et moins lourd. Du coup, qu’il y ai les bouteilles SECAM ou pas, si on le règle sur couleur, il décodera la couleur, et il faudra juste « zaper » pour avoir les bonnes couleurs au bon endroit.

Ils avaient fait un pari risqué, ça a certainement coûté à ce petit téléviseur. Il était trop en avance sur son temps.

Avec les technologies disponibles à l’époque, ils ont dû faire énormément de compromis techniques pour concevoir un téléviseur couleur tout transistor, et si petit. C’est peut-être aussi pour ça qu’il fonctionne en SECAM Ligne.

Pour la complexité de faire un balayage 819 et 625 lignes avec un téléviseur tout transistor tu as sûrement raison, mais Sony avait sorti en 1962 un mini TV tout transistor capable de le faire, mais qui était noir et blanc : https://antique-tv-blazianu.pagesperso-orange.fr/TVjapan.htm . L’absence de circuits pour la couleur devait simplifier les choses.
Finalement, il n’a pu capter toutes les chaînes que plus de 10 ans après sa mise sur le marché dans certains endroits. Pour Canal+ , avec la disparition du 819 lignes, un simple tuner VHF qui remodulait en UHF suffisait. Cependant, je ne sais pas si ça existait beaucoup à l’époque. Dans les années 60, c’était plus utile de faire UHF vers VHF.

En voyant cette appareil, je me dis : « Mince, on savait faire des choses en France quand même. Pourquoi toutes ces entreprises ont disparues en laissant si peu de traces? :cry: »

Oui, et surtout vraiment très lourde à déplacer en cas de déménagement. Le TVC3 de Philips pèse 50KG avec un seul CRT couleur. Ce modèle à deux écrans doit en peser au moins le double, donc 100KG!

Espérons qu’ils n’ont pas tous fini en déchetterie, ça aurait été stupide quand même. Peut-être que Grundig a pu les reconvertir en PAL pour le marché intérieur.

Merci beaucoup pour ta réponse en tout cas :slight_smile:

Cordialement,

Broguvic :slight_smile:

Non, ce n’est pas le cas et cela aurait été parfaitement inacceptable, il y a bien un « portier » mais à mon avis il manque une partie du schéma (ou je n’ai pas passé assez de temps pour chercher). :wink:

Cela n’aurait posé aucun problème pour un TV noir et blanc (voir duoviseur) mais pour un TVC avec tube delta (non autoconvergent) c’était une autre paire de manches et cela n’existait nulle part ailleurs.

Il n’y a aucune absence de circuits, hormis le tuner VHF.

Pizon était un « pionnier » pour l’époque. Ils n’ont jamais fait de TV à tubes et c’est eux qui ont été les premiers à utiliser les TCA640/650/660 en fin de développement (ils ont délibérément « essuyé les plâtres ») mais ils manquaient de moyens industriels.

Non, il n’était pas si lourd que ça car les tubes n’étaient que des 41 cm et le noir et blanc était plus léger que le couleur.
Il devait peser une cinquantaine de kg et était monté sur roulettes, ce n’était pas un appareil portable.
Un TVC de 63 cm était beaucoup plus lourd.

Si il y a un portier , c’est le BF173en (5) sur ce schéma juste avant le permutateur. Ce qu’on arrive pas à trouver, ce sont les impulsions qui le commandent.

Non ; un tel téléviseur avec des couleurs « au petit bonheur la chance » n’aurait pas été commercialisable :open_mouth:
D’ailleurs sur ce schéma il est écrit « impulsions trames commande portier » au point (2)

C’est justement cette affirmation qui est troublante et on ne voit pas de circuit permettant cette identification en ligne :open_mouth:

Ce n’est pas tant les circuits pour la couleur qui posaient problème, mais la puissance demandée pour « attaquer » un tube cathodique couleur (3 canons au lieu d’un en noir et blanc), plus une THT plus élevée avec un déviateur consommant plus avec ses circuits de convergence et surtout les problèmes de commutation 819 lignes changeant la fréquence de l’oscillateur, la valeur de la HT et toutes les commutations nécessaires dans les convergences !
Ce téléviseur était une prouesse car à l’époque tous les TVC avaient un balayage ligne et trame à tubes

ça c’est un autre problème qui s’appelle « la mondialisation » . les gens veulent toujours du « moins cher », mais on ne peut pas comparer le prix de fabrication de pays avec salaires « corrects » et protections sociales avec celui de pays à salaire à bas coût et main d’œuvre limite « corvéable ».
Mais ceci est un autre débat.

Au cours des années 1960 et à la différence de la France et Monaco avant 1978, d’autres pays utilisant le Sécam exploitaient à la fois l’identification trame ET ligne.
Ayant adopté le Sécam : URSS, Albanie, pays d’Afrique francophone, Algérie, Allemagne de l’Est (RDA), Bulgarie, Cuba, Egypte, Hongrie, Mali, Maroc, Pologne, Roumanie, Soudan, Syrie, Tchécoslovaquie, Tunisie, Vietnam…

Anti-copie :
Pour traiter le problème en lecture de certaines VHS du commerce contre la protection « macrovision », il existe des solutions efficaces. Hélas elles sont à rajouter aux modulateurs / transcodeurs :
http://forum.retrotechnique.org/viewtopic.php?f=15&t=254692

Mais cela fonctionne très bien. :wink:

Je possède ce micro-TV Sony qui est loin d’être le seul de cette marque à exploiter le 819 lignes.
Sony a commercialisé quasiment tous ses téléviseurs pour le marché français avec un balayage 819 lignes (TV N&B et même couleur) jusqu’en 1982. Il y avait même un modèle avec 819L et prise Péritv (d’ailleurs pas très conforme à la norme pour les signaux RVB).

Sur les TV noir et blanc ça ne posait guère de problème (il existait de versions pour tous les lignages, du 405 au 819 lignes).
Et sur les TVC à tube autoconvergent (dont le Trinitron) c’était plus simple.
A partir du milieu des années 70 tous les TVC portables vendus en France étaient bistandard, d’une part parce que c’était obligatoire, d’autre part parce que les tubes étaient devenus autoconvergents et parce que les transistors haute tension étaient devenus robustes et relativement bon marché, ce qui n’était pas le cas en 1968.

En fait en regardant le schéma d’un peu plus près on voit que le bouton « couleur » permet ou pas la polarisation du BF173, ce qui laisse ou pas passer la sous-porteuse vers le permutateur.
Normalement le signal marqué « portier » devrait être à l’état haut en présence d’identification trame et à l’état bas en son absence (signal noir et blanc, PAL ou SECAM « non-trame »).
Mais si ce signal « portier » est relié en permanence au + (il suffit de déplacer un fil, c’est une modification quasi-invisible) et si la bascule ligne continue de fonctionner en l’absence de « bouteilles », si on laisse le bouton « couleur » enfoncé en présence d’un signal SECAM sans bouteilles, l’appareil fonctionnera en couleur mais avec une chance sur deux d’être dans la mauvaise phase.

Donc avec bouteilles il fonctionnerait normalement avec la bonne phase à tous les coups et sans bouteilles « au petit bonheur la chance ».
Je pense que cette modif simple a du être faite au moment où la 5 et la 6 ont démarré.
Si c’est le cas le récepteur devrait donner des couleurs bizarres en présence d’un signal PAL.

Evidemment, pour les PIZON, qui sont sortis avec les TCA 640/650/660, il est très facile de reajuster le circuit d’ identification, sur les salves ligne.

Les inepties MACROVISION, on ne les trouve que sur les VHS SECAM avec cet protection.

La VHS PAL avec MACROVISION, ne fait que déstabiliser l’ image pour gêner la copie, et aussi déstabiliser le transcodeur PAL-SECAM !

Les TV ont un clamp qui agit bien en CVBS( ça ne marche pas bien en remodulation UHF ), les CGV et autres transcodeurs n’ ont pas de clamp, pour la stabilisation du niveau du noir, qui varie en permanence avec la MACROVISION.

Le récepteur TNT sort en PAL et il y a un transcodeur PAL-SECAM avec "bouteilles " pour avoir la couleur