Bonjour à tous,
Grâce à Eric Verdier et Claude Boulet, à qui je renouvelle mes remerciements, qui ont eu l'amabilité de me signaler ce poste en vente sur LBC, j'ai pu enfin obtenir celui que je recherchais depuis des années. Ce poste est rarissime, surtout en France, en 15 ans, je n'en ai vu qu' 1 seul passer sur Ebay, mais il était à l'état d'épave, et s'était malgré tout vendu un prix assez costaud (pour une épave).
Le 7G605 est le tout premier modèle de la longue et prestigieuse série des "Transocéanic" de la marque américaine de Chicago. La chaîne de montage a démarré en 1941, après que Eugène McDonald, le patron de Zénith, qui possédait un yacht, ait pesté contre les productions de sa firme, qui s'avéraient incapables de capter la moindre station dès qu'il s'éloignait loin des côtes avec son yacht. Il a donc ordonné à ses ingénieurs de concevoir un récepteur portable (forcément à lampes à l'époque), qui aurait la capacité de capter la radio de n'importe quel point du globe et dans n'importe quelle condition d'écoute (bateau, voiture, car, train, etc).
Les premiers modèles du 7G605 avaient un voilier (sailboat) brodé sur le tissu du haut-parleur d'où son surnom de "Clipper". 10 000 exemplaires du "Clipper", ont été fabriqués à partir d'octobre 1941, pour lesquels le succès a été immédiat, malgré le prix exhorbitant de ce poste (75 dollars de 1942).
Après l'attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941 et donc l'entrée forcée en guerre des Etats-Unis, Zénith a remplacé le voilier "Clipper", par un bombardier B17 et le poste a alors pris le surnom de "Bomber". Il s'est construit 25 000 exemplaire du "bomber" jusqu'en avril 1942, avant que l'Administration demande aux entreprises de participer à l'effort de guerre, arrêtant ainsi les chaînes de production du 7G605. Le "Sailboat" est donc encore plus rare que le "Bomber".
Voilà donc, plus qu'un poste de radio, cet appareil est une relique, un témoin de la guerre 39/45. Ce poste a une "histoire".
Le vendeur m'a dit l'avoir trouvé il y a une trentaine d'années dans le grenier de la maison dans laquelle il habitait à l'époque dans l'est de la France. Peut-être abandonné, ou vendu, ou laissé là pour une raison inconnue, par un GI lors de la bataille de fin 44 début 45, qui a fait rage dans l'est, avant que les armées alliées franchissent le Rhin.
Son état extérieur est étonnant de fraicheur pour avoir vécu le 2e conflit mondial, et avoir séjourné dans un grenier pendant de longues années. J'ai juste passé un peu de cirage incolore sur la toile enduite, façon "alligator", et lustré. Le "verre" plastique du cadran est resté parfaitement transparent et n'a nécessité aucune intervention.
A l'intérieur j'ai trouvé une plaque d'amiante collée sur la planchette sur laquelle était fixé le chassis. Le chassis était posé directement sur la plaque d'amiante, et elle était dans un état pulvérulent, J'ai immédiatement sorti le poste dans le jardin pour éviter que la moindre fibre s'envole dans la maison. J'ai pu l'éliminer avec une spatule (raclette en fer) et de l'acétone. Bien sûr j'ai travaillé en extérieur, et ramassé délicatement les morceaux d'amiante puis les ai mis dans un double sac plastique avant de terminer à l'aspirateur. Le voici donc totalement exempt de la moindre fibre d'amiante (enfin j'espère).
J'y ai aussi trouvé sa pile d'origine Zénith. Une énorme pile qui occupait toute la partie basse du poste, et fournissait le 90 volts et 9 volts, si j'ai bien compris. Mais il y a aussi un support pour deux piles de 1,5 volts sans doute pour les filaments.
Le chassis est en assez bon état mais il manque deux lampes, et vu le nombre de condensateurs qu'il y a sous le chassis, et la densité du cablage, je ne me sens pas capable d'entamer une restauration électronique. Tant pis, il restera comme ça. Il est super beau.
Cordialement
Doctsf (Modèles & Marques)
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