Bonsoir à tous,
Je tiens à préciser que je n’entretiens aucun rapport de fascination avec la marque Grundig, ni avec son fondateur. Si je m’y réfère souvent, c’est simplement parce que le hasard m’a conduit à travailler près de vingt ans, principalement pour cette entreprise. Ce fut une expérience riche, tant sur le plan technique qu’humain, qui m’a beaucoup apporté.
Pour l’anecdote, j’ai même failli me retrouver en contentieux avec la marque au milieu des années 90. J’avais alors mis en ligne un site à vocation technique, bien avant qu’elle n’en ait l’initiative, ce qui, soit dit en passant, n’arrivera jamais. Bernard Lefort, qui m’avait accompagné au siège à l’époque pour me défendre, pourrait en témoigner. A la suite de ma plainte adressée à Grundig Allemagne, quelques responsables techniques allemands furent dépêchés à Paris pour enquêter. Heureusement, le directeur technique français s’est montré mesuré et compréhensif, et l’affaire s’est finalement arrangée.
Aujourd’hui, des contraintes de santé me laissent momentanément plus de temps, bien que mes déplacements soient limités. J’en profite donc pour faire revivre une époque que beaucoup ici ont connue, de près ou de loin. Je participe au forum selon mes disponibilités et lorsque je suis sollicité, sans chercher à occuper l’espace.
Il est toujours plaisant de replonger dans les revues commerciales de notre parcours professionnel, ou de découvrir l’approche d’autres marques concurrentes, que je n’avais parfois pas eu le loisir d’examiner à l’époque. Parmi mes défauts, j’ai celui de ne pas vouloir garder pour moi ce qui pourrait être utile à tous.
Comme bien d’autres constructeurs, Grundig a connu son lot de réussites… et de choix techniques plus discutables. Certains téléviseurs ou magnétoscopes ont exigé des corrections discrètes, parfois peu élégantes. Mais cela traduisait aussi un réel suivi technique.
Il est cependant regrettable que certains modèles aient été commercialisés sans validation suffisante en conditions réelles, alors même que la marque disposait d’un solide réseau de stations techniques. Trop souvent, c’est l’utilisateur final qui, malgré lui, faisait office de testeur, ce qui était d’autant plus mal perçu pour les modèles haut de gamme, vendus près de 8000 francs dans les années 80. A ce niveau de prix, l’exigence de fiabilité était parfaitement légitime dès l’achat.
Je pense notamment aux problèmes chroniques avec le CAG FI et certaines chaînes comme Canal+, La Cinq ou M6, sans parler des émetteurs ou réémetteurs peu rigoureux dans le respect du signal vidéo, ce qui compliquait la tâche du constructeur.
Chez Grundig, il valait mieux opter pour une fin de série bien modifiée qu’un modèle tout juste lancé. Cela offrait, au moins entre les années 80 et 2000 que j’ai connues, de meilleures garanties de fiabilité. Avec, bien sûr, quelques réserves : les premiers téléviseurs 100 Hz, avant l’arrivée du Digi 5, ainsi que les magnétoscopes VHS antérieurs à la collaboration fructueuse avec Matsushita, n’étaient pas exempts de faiblesses, particulièrement côté mécanique et connectique.
Enfin, à ceux qui, dans l’ombre, s’emploient à critiquer sans jamais rien proposer, qui font profession de dénigrement, mais restent absents dès qu’il s’agit de partager ou d’expliquer, je n’ai rien à répondre. Le silence, parfois, reste la meilleure réponse à l’inutilité.
RVB