Bonsoir Mircéa,
Désolé, j’étais occupé ailleurs et j’y retourne de ce pas 
Tu me fais plaisir en parlant de ce modèle en particulier. Je te demanderai de m’en faire un maximum de photos sous tous les angles, si possible avec une vue plongeante sur le châssis ouvert.
Je parlais de la version française sur mon site comme du fleuron de la marque. La seule différence avec ton M72-795TOP est l’absence des neuf normes de l’époque (L, L’, B, D, G, K, K’, I, M), mais cela n’a plus aucun intérêt aujourd’hui. En revanche, il reste compatible PAL, SECAM et les deux NTSC par les 3 Péritels
Que puis-je dire sur ta version :
Le tube était un Toshiba (A68 KZN 696 X01), dont la marque vantait une durabilité cinq fois supérieure à celle d’un tube traditionnel, ce qui s’est révélé exact avec le temps. Tu as donc toutes les chances de l’avoir en pleine forme. Seuls quelques déflecteurs, vers la fin, se mettaient en court-circuit partiel, mais cela restait rare. Ce téléviseur présentait une conception entièrement repensée, qui offrait un niveau de technicité, de qualité, et surtout de fiabilité inégalé pour le grand public. Ce progrès spectaculaire se traduisait non seulement par la planéité de l’écran, mais aussi par une image restituant un noir naturel, un rouge d’une redoutable efficacité, une brillance et un contraste éclatants (sans oublier son masque Invar, préservant tout échauffement visible). J’évoquais dernièrement la protection antipoussière CCS ; il en était équipé.
Un bémol pour le focus dynamique de cet écran japonais : on faisait au départ usage d’un condensateur spécifique peu endurant (680 pF / 12,5 kV), remplacé par un montage en série de deux 1,5 nF / 6 kV, guère plus convaincant. En avoir sous la main ne serait pas un luxe !
Le point fort, comme souvent chez Grundig, était son THT, véritablement increvable comparé à la concurrence de l’époque. Je ne me rappelle pas en avoir changé un seul.
Le châssis haut de gamme 50 Hz CUC 7851 devait être le dernier aussi respectable. Il était vraiment pensé pour fonctionner correctement pendant des années. Seul son ampli trame, le détestable TDA 8350Q, en constituait le point faible. Un véritable barbecue quand on l’exploitait avec cette taille d’écran et sa commande de correction Est/Ouest. Il était d’ailleurs impossible d’y laisser son doigt… Je rappelle que cet amplificateur trame fonctionnait avec deux alimentations de 16 et 45 V. Il intégrait une sécurité efficace à condition que le 16 V soit présent. J’en rappelle le principe : en cas d’anomalie, il ne générait plus de retour trame sur sa broche 10, mais une tension continue qui allait bloquer le tube via le Sandcastle. Le grand luxe venait du fait qu’en l’absence du 16 V, le TDA 8350 était neutralisé et c’est le transistor T453 qui prenait le relais pour bloquer le tube, toujours selon le même principe. Détail hélas abandonné sur le châssis CUC 6365 plus économique où il était fortement recommandé de recâbler ce montage.
Le TDA 9160 dans le module Chroma RVB pouvait aussi accuser une certaine faiblesse, mais il n’était pas réellement en cause ; disons, pour rester diplomate, qu’il avait été mal exploité à ses débuts par Grundig.
La partie audio était effectivement une petite merveille pour les mélomanes. Le module BF était conséquent et avait connu quelques problèmes de jeunesse, pas bien graves. Le subwoofer faisait son travail remarquablement, ce que tu as dû constater. Il faudra bien sûr surveiller sa membrane et celles de tous les autres haut-parleurs, vu l’âge du capitaine. S’il est conservé dans son carton d’origine, tu peux espérer une bonne préservation. Le petit luxe supplémentaire, pour ne pas gâcher la source sonore, venait d’un transistor T351 destiné à la génération du +F, judicieusement placé sur le châssis afin de ne pas parasiter le son avec les balayages. Une intention à la fois sympathique et efficace.
Que puis-je ajouter ? Le module FI NICAM représentait une véritable usine à gaz en France, presque sans souci particulier. Le MSP 3410, lui, n’était pas encore exploité.
Bref, ce téléviseur n’était pas seulement un excellent appareil, mais également le témoin d’une époque glorieuse où Grundig, grâce aux circuits intégrés PHILIPS de très bonne qualité (vidéo), pouvait encore se faire plaisir, juste avant les économies à grande échelle imposées peu de temps après.
Tu te dois donc de sauver ce petit bijou, sans oublier de mettre en ligne des photos, STP (je peux toujours y croire).
Après avoir chanté les louanges de la bête, j’aimerais maintenant en savoir un peu plus sur ses symptômes.
Et comme souvent, une photo vaut mieux que de longs discours…
Lorsque le téléviseur affiche un écran blanc, le fait-il avec ou sans lignes de retour ?
A priori, il ne se met pas en sécurité, ce qui suggère qu’il n’y a pas de débit excessif au niveau du tube.
On peut donc supposer, entre autres, un souci sur le bus I2C.
Il faut vérifier l’activité sur SCL et SDA, avec une amplitude bien nette de 5 volts.
Je rappelle que depuis le châssis CUC 2000, Grundig utilise un IC PLL pour la synthèse de fréquence, le fameux SDA 3202, aussi fiable qu’une Trabant un soir de pluie.
Dans ton téléviseur, c’est le même principe, mais en version CMS : le SDA 3302.
Et lui aussi peut foutre un beau bazar, jusqu’à provoquer ce genre de panne à la con. S’en méfier en premier !!!
Parmi les autres circuits reliés au bus, je soupçonnerais en priorité (statistiquement) après le tuner :
Le module RVB Synchro, avec d’abord le TDA 9160, plus rarement le TDA 4685 ;
Le module FI, avec ses deux circuits pour le NICAM (MSP 2410 et AMU 2481 à isoler), les deux MC 144110, les deux EEPROM spécifiques, sans oublier le TDA 6610, processeur son.
Le module processeur et son EEPROM, même si, avec ce genre de composant, c’est souvent tout ou rien. Attention, une seconde EEPROM est planquée dans le processeur.
Et pour finir, les TEA 6420 / 6415 dans le module Péritels, que je n’ai jamais eu à changer.
Méthode simple de test à faire en premier : virer le tuner.
Le processeur détectera son absence, n’aura aucun accusé de réception (acknowledge), mais le téléviseur fonctionnera quand même, car à cette génération, la commutation VQ en sortie de tuner n’est plus utilisée pour l’AV.
Quant à la réception HF, on peut s’en passer, sauf si tu utilises encore le modulateur d’un magnétoscope.
Maintenant, vu l’âge du capitaine, encore faut-il confirmer que le bus I2C est bien perturbé.
Il faudra donc attendre que la panne se manifeste (bon courage pour rester à l’affût avec l’oscillo branché en permanence, d’abord sur SDA, puis sur SCL), jusqu’à observer une chute d’amplitude.
Ensuite, et seulement ensuite, il faudra isoler chaque liaison esclave du bus, une par une. Pour finir par tester de la même façon le module processeur (maître), totalement isolé de ses esclaves au niveau BUS.
Je n’ai hélas pas de baguette magique pour te désigner d’office le composant fautif, juste des probabilités issues de l’expérience.
Ce châssis était déjà bien corsé à sa sortie pour un non-initié…
Il n’existe pas d’auto-test, comme sur les modèles 100 Hz, permettant de diagnostiquer via le BUS l’IC qui ne répond plus, et c’est bien dommage.
Tu trouveras la photo du modèle allemand ci-dessous :
Le schéma complet ici : https://windows7passion.fr/logiciels/cuc-7851-m72-795-9-top.pdf
Et son dossier de formation : https://windows7passion.fr/logiciels/formation-cuc-7880-a-7951.pdf
Pardon si je manque de clarté, ce sont de vieux souvenirs… Il a fallu que je révise un peu !
Bon courage et merci d’avance pour les photos…
RVB