Salut Didier,
J’ai regardé ta source Schneider à numériser dans le grand livre. Effectivement, peu de critères sont réunis pour obtenir un PDF parfaitement exploitable, le zoom en particulier. Mon oncle ayant travaillé dans l’imprimerie, je lui avais posé la question en constatant la présence fréquente de textes flous dans les revues des années que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître. Cela résulte de plusieurs facteurs cumulatifs.
Les techniques d’impression de l’époque, offset encore grossier, typographie ou héliogravure simplifiée, ne permettaient pas une grande précision des contours. Les caractères présentaient souvent des empâtements épaissis, des bavures d’encre et de légers décalages, donnant dès l’origine un rendu peu net, voire de travers. Le papier, généralement peu lissé, très absorbant et parfois de qualité médiocre, accentuait ce phénomène : l’encre pénétrait dans les fibres au lieu de rester en surface, provoquant un élargissement des lettres.
A cela s’ajoute la qualité variable des originaux, le plus souvent issus de dactylographies, de compositions manuelles ou de reprises photographiques de documents déjà imprimés. Chaque étape entraînait une perte supplémentaire de netteté. Avec le temps, le vieillissement du papier, jaunissement, déformation des fibres, légère migration de l’encre, sans oublier les traces de rouille laissées par les agrafes centrales, réduit encore le contraste entre le texte et le fond. Lors de la numérisation, le grain du papier est interprété comme du bruit, les lettres épaissies ont tendance à se toucher et les contours irréguliers perturbent les logiciels de reconnaissance de caractères. Enfin, le contraste était souvent volontairement modéré afin de réduire les coûts d’encre et d’éviter le maculage, ce qui rend ces documents lisibles à l’œil, mais peu adaptés aux traitements numériques actuels.
La meilleure solution reste de disposer de la source originale, comme je l’ai déjà expliqué. A défaut, il faut d’abord améliorer les détails, tant que le grain n’enlaidit pas le contenu, puis procéder à un « débruitage » grossier avant de retravailler le contraste, les lumières, en traitant d’abord les tons foncés, puis les tons clairs et la saturation des couleurs. Un nettoyage préalable par gomme ou tampon est indispensable, avant le redressement des contenus et leur remise à un format homogène.
Cela représente beaucoup de travail, mais c’est la rançon du succès avec ce type de documents anciens. Pour la revue Schneider, j’ai choisi d’appliquer l’ensemble de ces traitements tout en conservant un léger aspect trouble, en lissant en globalité afin de préserver le caractère vintage. L’essentiel est de proposer un document respectueux des produits, avec des textes lisibles via le zoom. Il ne sera en revanche jamais possible de les transformer en documents répondant aux standards actuels, aux techniques bien plus avancées, sauf à tout réécrire et tout reconstruire, ce qui reste possible, mais bien trop chronophage. Je finis le travail et je mettrai en ligne le Schneider son TV France 1959 dans mon diaporama 2 en fin de journée. Merci tout de même d’avoir essayé.
Je suis bien entendu preneur de tout document concernant la télévision que tu pourras recueillir dans ton entourage et particulièrement le groupe Thomson en TV couleur même si c’est illisible. L’informatique et l’I.A. en particulier peuvent faire des miracles.
RVB