Dans son numéro 1917, en page 8, Auto Plus attire l’attention sur un aspect crucial à surveiller lors de l’achat d’une Renault Zoé d’occasion. En voici un résumé :
Sur le marché de la voiture électrique de seconde main, l’état de santé des batteries est devenu un critère central. C’est notamment le cas pour la Renault Zoé, l’un des modèles les plus diffusés en France, dont certaines versions bénéficient encore du système de location de batterie. Un dispositif qui permet, en théorie, de faire jouer la garantie lorsque la capacité chute sous un certain seuil, fixé à 75% de State of Health (SOH), ou état de santé.
C’est précisément ce qu’a constaté le propriétaire d’une Zoé de 2020 après avoir fait tester sa batterie auprès d’un acteur indépendant, la société « Moba ». Résultat : un « SOH » mesuré à 74%, ouvrant potentiellement la voie à un remplacement dans le cadre de la garantie. Pourtant, lors d’un second test, réalisé cette fois dans le réseau Renault, le « SOH » affichait soudainement 90%. D’où vient cette différence, loin d’être marginale ?
La réponse tient à une opération logicielle appelée reprogrammation du « BMS » (Battery Management System). Ce système, intégré à l’électronique de gestion de la batterie, surveille en continu les paramètres clés du pack lithium-ion (tension, température, courant, etc.) et calcule notamment le « SOH », indicateur de l’usure des cellules.
Or, avec le temps, les cellules perdent naturellement en capacité utile. Le « SOH » baisse donc progressivement, traduisant la dégradation chimique du pack. Mais chez certains constructeurs, dont Renault, une reconfiguration logicielle permet de revaloriser artificiellement le « SOH » en activant des cellules jusque-là non sollicitées, parfois qualifiées de cellules dormantes ou de buffer. Résultat : le « SOH » remonte, l’autonomie affichée s’améliore… et le seuil critique des 75 % est repoussé, écartant de fait l’éligibilité à un échange standard sous garantie.
Cette pratique, bien que conforme aux politiques internes du constructeur, soulève néanmoins des questions. Pour un acheteur de Zoé d’occasion, un « SOH » à 90 % peut masquer une situation moins favorable, notamment si cette « réserve » a déjà été consommée. D’où l’intérêt d’un diagnostic indépendant avant l’achat, afin d’obtenir un état des lieux non influencé par une éventuelle reprogrammation du « BMS ».
Ce cas illustre que l’évaluation de l’état d’une batterie électrique ne se résume pas à une simple donnée chiffrée. Elle dépend étroitement de la méthode de mesure employée… et de celui qui la réalise. Que ce soit chez Renault ou chez un autre constructeur, il est donc essentiel de se renseigner en amont sur l’existence d’éventuelles reprogrammations ou optimisations logicielles plus ou moins invisibles pour l’utilisateur final, que le vendeur omettra bien souvent de mentionner.
RVB